Je t'ai toujours haÏ.
Au début ,bien sûr ce n'était pas à cause de ton parcours politique,je n'avais que 5ans lorsque tu as épousé ma grand-mère,à 5 ans on ne comprend pas la politique.Non,si je te haïssais,c'est justement parce-que tu l'avais épousée,parce-qu'elle avait dû choisir entre ta maigre pension de cordonnier avec tes mauvais traitements ou bien l'assistance publique,qui impliquait de vivre aux crochets de ses enfants,ce à quoi elle s'est toujours refusée.
Vers l'âge de 6 ou 7 ans,ma mère m'a avoué que tu avais fait partie des hitlersjügend.Ne comprenant pas la signification de ce mot tortueux,cela ne m'a pas perturbée outre mesure.
Ensuite,j'ai appris.J'étais en cinquième primaire,je devais donc avoir 10 ans,et ma maitresse nous parlait de la guerre.
Après nous avoir appris que les hommes peuvent être si cruels,que toutes nos valeurs n'étaint pas acquises,voila qu'elle m'apprenait un sentiment étrange:un mélange de haine,de dégout et de peur.
Bien sur,je te detestait déja,mais cette exécration a alors atteint son maximum,et le dégout que m'inspirait ton haleine d'alcool s'est centuplé.La peur était nouvelle pour moi,étrange et énorme.
Alors je n'ai plus voulu venir vous voir,pas même par amour pour Bonne-Maman,pourtant Dieu sait si je l'aime.Puis l'amour s'est fait le plus fort mais,avant de recommencer à vous visiter,j'ai demandé de plus amples renseignements à ma mère.
Elle m'a dit que tu étais tout seul,hollandais abandonné par ses parents dans un pays dont il connaissait à peine la langue,mourant de froid et de faim.
Que veux tu?Je t'ai pardonné,j'ai même presque eu pitié de toi.Pendant 6 ans je t'ai pardonné.
Mais en juillet passé,j'avais prévu de passer avec mon amoureux quelque jours dans les environs de Munich. Toi qui croyait que ce choix était innocent.
Encore heureux que ton anniversaire tombe au moi de juin!J'avais tout prévu.Et toujours innocent à tes yeux était le"t'es né en quelle année tonton?" "1923,ma chérie!ça fait longtemps hein!"Tu parles.
Voila,13 juin1923,nom prénom,j'avais tout ce qu'il me fallait.
Tu sais,à Munich,dans les musées,ils avaient gardé toutes les listes,mémoire collective oblige,ça a été l'affaire de moins d'une heure de te retrouver.En effet,tu étais pauvre et seul.Mais il y avait autre chose de bien plus intéressant sur ces vieux papiers jaunis:après les hitlersjugend,après le service militaire obligatoire,remarquant tes talents pour la chaussure,ils t'avaient proposé d'entrer chez un styliste.Mais tu as refusé cette perspective,lui préférant un poste d'instructeur S.A. chez ces scouts de chocs.Et ce n'était pas fini:1944,après le débarquement,pressentant la fin du nazisme tu t'es débiné,parti en clandés vers un pays libre.
S'il y a bien une chose qui me dégoute encore plus que ceux dont l'idéal est de détruire,c'est bien ceux qui n'ont même pas d'idéal;les lâches,les opportunistes!et tu en fais partie.
Tu croyais vraiment pouvoir nous cacher ça à tous?
Malgré ce débinage,je viens de le découvrir,tu étais toujours amoureux d'Hitler.Peut-être est-ce parce-que son suicide t'a culpabilisé?En tout cas,tu aura fait souffrir Bonne-Maman jusqu'au bout;sa tête en découvrant des photos d'Hitler sous son lit,dans tes tiroirs,ta commode,lorsque nous avons vidé tes affaires cet après midi!Cela faisait peine à voir.
Après ces vacances à Munich,j'ai dû beaucoup réfléchir à ce que j'allais faire.Presque un an.
Jusqu'à ce qu'un jour Papa me dise que mon café noir suffirait à réveiller un mort.Cette fois ci ce serait le contraire.C'est vrai que le curare ne fait pas bon ménage avec la caféine.Alors j'ai pris mon courage à deux mains.Ainsi demain,dès la première heure,nous n'aurons plus à te subir.
J'ai demandé,comme faveur expresse au directeur du crématorium,de pouvoir te brûler avec tes photos et les pieds en premier.Tu comprends,commencer par la tête,ce ne serait pas drôle,tu ne verrait pas plus de 10 secondes de ta mort;alors que par les pieds tu assisteras à toute ta combustion.Et à celle de tes portraits.
Il n'a pas très bien compris pourquoi mais il a accepté.Ne t'inquiètes pas,je ne lui ai rien dit.
Non,je suis la seule à savoir que tu es parfaitement conscient.Cest...notre petit secret.
Allez,à demain!
texte que j'ai du écrire et connaitre approximativement pour mon examen d'éloquence avec MADAME D'HOE :p
chère madame D'Hoe,Arielle de son prénom